Hyde Park

Les chats sont des poètes...

Les chats sont des poètes…

La dernière grand-mère que j’avais est partie le 8 mars dernier, journée internationale des femmes. Il y peu, la famille s’est affairée à trier et ranger plus de 30 ans de vie qui s’étaient amassés dans l’appartement de mes grands-parents. C’était triste de voir tout sans dessus dessous, vidé, petit à petit. Mais c’est la vie, un perpétuel recommencement… Apé et Amé comme ses petits-enfants les appelaient, gardaient tout. Sacs plastiques pliés avec précision et rangés dans les tiroirs, tous les petits mots doux qu’ils s’écrivaient « Mon trésor, je suis partie à la Poste. je t’aime… », même des tickets de rationnement de la guerre. Je me suis amusée à relire de vieux prospectus. Je me suis régalée plus d’une fois, alors qu’Amé faisait la sieste et qu’Apé avait filé droit au ciel depuis presque trois ans, à farfouiller dans son bureau pour y découvrir des pépites.

J’ai fait plusieurs fois le tour de leur grand appartement, avec au fond du coeur toute la nostalgie de mon enfance. Les 400 coups avec les cousins, les conflits d’adolescence avec ces respectables personnes qui cherchaient juste à me protéger. Les repas de famille où les interminables discussions journalistiques me lassaient, les cigarettes en chocolat, la sacro-sainte photo des enfants à chaque Noël, la liste est longue…

J’ai glané par ci par là quelques objets, quelques bribes de leur vie. Une ancienne horloge reconvertie en armoire, sans doute à l’arrière-arrière grand-mère. Les livres pour enfants que nous lisions tout le temps là-bas… Et cette lettre. Avec cette belle écriture à l’ancienne. Je ne la reconnais pas.

C'est aussi pour cela que je ne pourrais me passer du papier et de l'encre

C’est aussi pour cela que je ne pourrais me passer du papier et de l’encre

Peut-être ma grand-mère, quand elle était jeune? Superbe texte. Une bouffée poétique caressant le coeur. Le papier abimé et jauni ajoutant au charme de la découverte. Après une recherche rapide sur la Toile, j’apprends que le texte est issu du recueil Charmes de Londres de Jacques Prévert. Enjoy.

Hyde Park

Comme la mer, aussi bien se roule sur le sable

Ici les amoureux agissent comme bon leur semble

Et nul ne leur demande si c’est pour une nuit, ou bien pour un moment

Personne ne leur parle du prix de cette chambre de velours vert vivant

Hyde and Jekyll Park, Eden public où l’on entend, jour et nuit, en sourdine, le Devil save the Dream.

3 réflexions sur “Hyde Park

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