Suis-je geek?

crédit Wikicommons

La porte du 3è millénaire à Dakar (Sénégal)

Le cul entre deux millénaires. Voilà la belle image que je me suis trouvée il y a peu. Souvent je me suis dit que j’eusse préféré être journaliste du temps de mon bien-aimé grand-père: puisque l’Internet n’existait pas à l’époque, mes confrères n’avaient d’autre choix que d’aller à la rencontre de personnes ou de situations pour faire leur travail. Souvenir de mon stage effectué au jdd.fr et la déception de n’être sortie qu’une seule fois de la rédaction. Mémoire de cette affirmation non-négociable de Marc Mentré mon grand Maître journalistique au début de la formation:

Aujourd’hui, un journaliste ne peut faire l’économie d’un compte Twitter.

Horreur et damnation! Twitter à l’époque m’était tout à fait inconnu et me semblait une chose bizarre dont je ne saisissais absolument aucun intérêt. Je voyais surtout qu’encore une fois les gens se parlaient par écran interposés plutôt qu’en face à face. Mais j’ai du me faire à l’idée. Petit à petit, j’ai exploré et fini par comprendre les avantages de la chose en tant que journaleuse, et même en tant que personne.
J’aime bien « live-tweeter » pendant les débats politiques à la télé. J’ai aussi le souvenir assez magique de l’été dernier où j’étais coincée à Paris et ce soir où j’étais tombée sur le film les Blues Brothers pendant le très bon « Summer of Soul » proposé par Arte. Si je tombe sur ce film, il m’est impossible de zapper. Même si je l’ai déjà vu 200 fois, il fait partie de ceux que je pourrais éternellement regarder avec jubilation. Et là j’ai pu partager la passion de cette oeuvre avec d’autres grands amateurs! C’était chouette. J’ai aussi pu transmettre l’enquête que j’avais menée sur la santé en prison et été remerciée par le Contrôleur Général des lieux de privation de liberté pour cela. Même que j’écris de la poetwitt à mes abonnés:

Twitter est aussi un bon lieu pour se soulager et faire des blagues mêmes mauvaises (hommage à Hélène Viala):

Mais revenons à nos moutons. Il y a peu j’ai eu cette idée de papier en tête. Suis-je geek? Car même si je me dis parfois que je ne suis pas née à l’époque qui me sied le mieux, si je fais un traveling arrière sur mon évolution technologique, j’ai été plus d’une fois au bord de l’avant-garde. Tout du moins c’est le sentiment (peut-être erroné) que j’ai.

D’abord, j’ai un papa qui a toujours été fan des gadgets derniers cris. Il y a quelques jours encore alors que nous déjeunions ma soeur et moi en sa compagnie, nous avons du faire une mise à jour parmi  sa pléthore de numéros de téléphone. Nous avons donc eu chez nous très tôt un ordinateur Macintosh, en plus d’un lecteur DAT (cela existe-t-il toujours? Et oui), entre autres. Mon grand frère possédait un Atari dernier cri: pour charger les jeux, on utilisait des cassettes.
Vers l’âge de 8 ans soit il y a de cela 27 ans, j’écrivais ma première histoire, illustrée par le fameux ordinateur  de papa et l’inspiration de mon grand frère et ceux des dessins photocopiés de ma soeur; les disquettes avaient du arriver entre-temps.
A l’arrivée du CD (oh, ce flash de Jérôme Bonaldi présentant dans Nulle part ailleurs un CD mais pas compact du tout puisqu’il faisait la taille d’un 33 tours!) inutile de vous dire que papa s’est vite équipé…

Question cassettes audio, j’ai eu un walkman auto-reverse peu après qu’ils soient apparus. Par contre je n’ai pas eu de Mini-Disc. Mais j’ai eu un lecteur de CD Mp3. Niveau consoles de jeu je n’en ai eu que deux: la première Nintendo et ses énormes cartouches de jeu  qui s’emboîtaient mécaniquement dans la console, puis une console Wii que l’on m’a offert pour mes 30 ans.

Question téléphonie, vous souvenez-vous du lancement du Tatoo au milieu des années 90, objet hautement technologique qui nous permettait d’appeler un numéro cher pour laisser un message à un opérateur qui se chargeait de le transmettre au Tatoo du destinataire qui devait à son tour appeler un numéro cher pour recevoir le message (pour garder le contact avec ta tribu, qu’ils disaient). Et je découvre avec stupéfaction que cet objet semblant issu d’une ère lointaine existe toujours! Quid du Tam-Tam (mais comment faisait-on sans Tam-Tam…) qui était son grand concurrent de l’époque? J’avais un tatoo, peut-on alors considérer que j’étais une geek, alors même que ce terme n’existait pas à l’époque?

Voici une pub de 1996 avec la très bonne musique de Jestofunk dedans:

Il y a eu le Bi-Bop  aussi, joli fiasco signé France Télécom dont Paris porte encore les traces avec ses bornes de transmission autocollantes posées ça et là. Je me souviens que la mère de mon jules de l’époque en avait un et qu’il avait ainsi pu l’appeler dès qu’il avait su qu’il avait obtenu son bac: c’était la classe.
Je pense à tout ce que je pourrais raconter à mes petites nièces actuellement âgées de 7 et 4 ans sur toutes ces évolutions arrivées en un rien de temps, et je me dis que je vais passer pour une femme préhistorique: qu’est-ce que c’est amusant!

Quand même, en une quinzaine-vingtaine d’années, de passer des 33 tours et autres cassettes à démêler avec un bic au mp3, des téléphones à cadrans mécaniques aux portables, ou des ordinateurs à cassettes aux smartphones, c’est quelque chose!

Et puis après le Minitel, il y eût Internet. Je fais aussi partie de ces privilégiés qui ont pu y goûter peu après ses débuts. Ô, cette ouverture vers un champ des possibles infini! A moi les forums Caramail, le top tendance de l’époque. J’ai rencontré des personnes que je n’aurais sans doute jamais croisées autrement. Aussi, ma vingtaine a été ponctuée d’épisodes hautement mélancoliques. En ce sens, Internet m’a énormément aidé à me re-socialiser, alors que je ne me sentais pas prête à affronter « la foule » en réel. J’ai même rencontré l’un de mes amoureux via un forum de chez Yahoo.

Après les joies des forums et ses drôles d’aléas, j’ai découvert les sites de rencontres. Inscrite sur Meetic en 2002 soit un an tout juste après son lancement. Et je peux vous dire qu’à l’époque, être sur un site de rencontres n’était pas du tout « trendy » comme aujourd’hui. La plupart des gens qui fréquentaient ces sites étaient plus vus comme des paumés un peu désespérés à l’idée de ne pas trouver l’âme soeur  un jour qu’autre chose. Beaucoup s’en cachaient: j’ai toujours assumé et m’en suis toujours beaucoup amusée. Aujourd’hui les couples formés à partir de ce genre de sites ne s’en cachent plus et ils se déclinent sous toutes les formes possibles (les sites, pas les gens).

Pour en revenir au début de ce papier, rapport au sentiment tout à fait réfractaire que j’éprouvais vis-à-vis de Twitter, j’ai du par la force des choses, pour mon métier, me plonger dans ce drôle d’univers pour tenter d’y saisir la substantifique moelle. Je suis tout à fait loin d’en maîtriser toutes les ficelles mais j’en ai bien perçu l’intérêt je crois. En plus de pouvoir obtenir des informations du monde entier à un instant T, c’est un lieu d’échanges tout à fait amusant et souvent mordant. C’est aussi l’occasion de pouvoir « approcher » des personnes, de les interpeler, alors que nous n’en aurions pas eu l’occasion autrement.
Alors pour répondre à la question suis-je geek? Aux yeux de certains, cela ne fait aucun doute.
Mais il y a quelques mois, j’ai été ajoutée à un un cercle de journalistes 2.0 sur Google +. Où j’ai eu l’impression d’être propulsée dans un autre monde, avec un langage qui m’était tout à fait étranger. De véritables geeks (à mes yeux), qui me font un peu regretter de ne pas avoir davantage de connaissances  techniques du monde informatique, car je sens bien l’esprit très créatif suscité par tous ces passionnés des nouvelles technologies!

Conclusion: c’est comme les cons, on est toujours le geek de quelqu’un d’autre.

Et vous, vous sentez-vous geek? Quel geek êtes-vous?

2 réflexions sur “Suis-je geek?

  1. Geek ou autre on l’est tous un peu, le numérique envahit nos vies… Mais ne jamais oublier la vie réelle !

Ouverte à l'échange, je serai heureuse de vous lire!

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