Wassanna, Malanti et Thongkam : ma famille éléphantesque

crédit Julie SabatierJ’ai été un éléphant dans une autre vie. Lors de « l’aile-éphanthérapie » vécue six jours durant avec la fée Christine, une journée fut consacrée à la visite d’un camp « classique » d’éléphants. Le genre où des autocars débarquent pour y vomir des touristes venus faire leur petit tour de manège à dos de pachydermes bardés de nacelles. Un air industriel difficilement supportable quand on a l’habitude de la sérénité des éléphantes qui vivent au Ganesha Park de François Collier, non loin de Thong Pha Phum dans la région de Kanchanaburi.

Il était important que nous puissions constater la différence – de taille – qui existe entre ce havre de paix et les camps d’éléphants où se rendent 90% des touristes. Nous avions aussi rendez-vous avec Wassanna, l’éléphante dont François est amoureux depuis 7 ans et qu’il tente avec une patiente persévérance de libérer. Ce jour-là, les mahouts nous la mettent de côté si je puis dire, pour une séance de travail thérapeutique. Avec elle, une belle « assistante » éléphante adolescente (âgée d’une quinzaine d’années) du nom de Malanti.

crédit Christine Pagnier-Guillot

Moment magique avec Wassanna et Malanti

En cheminant vers les camps, Christine Pagnier-Guillot nous avait prévenus que ce serait un moment difficile à passer. Les éléphants sont parqués sur des petites surfaces, l’œil éteint. Ils sont totalement asservis, comme hypnotisés. Ils attendent là le touriste qui entrera à peine en contact avec eux, baladé un quart d’heure pour repartir avec sa photo-souvenir. Mais il n’était pas question pour nous de nous effondrer et d’avoir pitié de ces pauvres bêtes. Nous devions au contraire leur dire toute notre admiration, leur faire sentir leur majesté, bref tout faire pour leur rappeler qu’ils sont des animaux sublimes et non des machines à fric.

Effectivement le choc fut au rendez-vous en arrivant au premier camp situé dans la région de Sai Yok. Des dizaines d’éléphants dans tous les sens. Je me souviens d’un mâle incroyablement et puissamment beau dont le cou et les pattes étaient encerclés d’énormes chaînes.

crédit Julie Sabatier

J’ai vu Ganesh en ce superbe mâle. Aimantée que j’étais, je suis allée lui donner des bananes mais son mahout m’a finalement défendu de le faire!

Après cinq minutes passées dans ce camp, je me suis écroulée par terre et j’ai fondu en larmes. Souvent je transpose les animaux par des humains dans mon imagination. La prise de conscience qui en découle est bouleversante. Après avoir pleuré un bon coup, j’ai rejoint mes camarades stagiaires pour retrouver la mère-veilleuse Wassanna et la jeune Malanti.

crédit Julie Sabatier

Wassanna et mon mini-doudou éléphant 🙂

crédit Julie Sabatier

Aperçu d’un camp industriel: la course aux baths.

crédit Julie Sabatier

 

crédit Julie Sabatier

L’attente est longue pour les amoureux… Wassanna et François Collier

Là, je ne pourrai décrire la force du moment que nous avons passé avec elle, tant les mots sont limitatifs. J’ai été honorée du fait que Wassanna vienne me voir en premier. A cet instant je n’ai pu m’empêcher de l’embrasser en signe de gratitude, ce à quoi Christine a lancé :

Non Julie, tu es là pour recevoir et non pour donner ! Recevoir l’enseignement de ces êtres sacrés… Prendre leur enseignement, c’est aussi leur redonner leur dignité… Prends donc!

Un aspect que j’ai beaucoup travaillé avec les éléphants. Il m’a toujours été plus facile de donner que l’inverse. Je me suis donc contentée de m’agenouiller à ses pieds en signe de respect. Avec ces deux éléphantes nous avons travaillé beaucoup de choses profondes ; entre autres l’unité, l’harmonie entre le féminin et le masculin, le Yin et le Yang…

J’ai eu la chance de pouvoir monter sur Wassanna pour m’abandonner à elle. Fermer les yeux mais toujours garder une certaine vigilance. Travail de l’équilibre, et de la confiance. Transmission de quantité d’informations impossibles à traduire en mots. Je me souviens de choses du style :

Regarde, je suis une éléphante, je suis massive mais je n’en suis pas moins féminine, avec mes longs cils et ma grâce infinie. Je suis une Ancienne. Je suis la sagesse. Certes je suis grosse, mais dotée d’une grande sensibilité. Prends ce que je te donne et découvre toi telle que tu es : un être d’amour.

Mon cœur m’a soufflé que Wassanna était ma maman et Malanti ma sœur. Réminiscences de mon éléphantesque vie antérieure.

crédit Julie Sabatier

Malanti nous accueille joyeusement!

crédit Julie Sabatier

Le sourire de Wassanna, c’est tout un poème…

Lorsque nous descendons de ces merveilles, Mélanie l’assistante de Christine nous propose de chanter un mantra (une prière) invoquant la divinité de Ganesh (le dieu à tête d’éléphant) que j’avais chanté il y a quelques jours. Trois petits mots évoquant la magie de cet être mystique: Jaia Ganesha Deva.

La belle Gintala, dernière éléphante arrivée chez François est toujours captivée par cette prière lorsque je la lui chante. Nous nous mettons donc à la chanter. Et là, Ô l’instant sublime ! D’abord debout, la jeune Malanti me caresse le pied avec sa trompe, puis je m’agenouille entonnant le chant, et la voilà qui pose son pied sur mon genou ! Ô gratitude !

Je suis repartie du camp toute chose, emplie d’une immense joie. Et c’est encore pleine de cette félicité que j’ai fait mon entrée dans le deuxième camp que nous avions à visiter pour y rencontrer Dao Lang, une éléphante du genre mammouth qu’ils ont surnommée Big Elephant.

Elle est effectivement imposante et sa sagesse l’est tout autant. Cette fois-ci nous étions séparés par des barrières et une nacelle lui était posée dessus. Juste à côté d’elle il y avait un bassin avec de drôles de poissons que j’ai appelé poissons mammouths tant ils avaient l’air préhistoriques !

crédit Julie Sabatier

Magic Big Elephant Dao Lang & MagiChristine

IMG_4291

 

crédit Julie Sabatier

Et un poisson mammouth, un!

crédit Julie Sabatier

crédit Julie Sabatier

Encore pleine de la force et confiance que m’avait transmise Wassanna et Malanti, j’ai décidé d’aller voir les éléphanteaux. Attachés à 50 cm de chaîne, ils attendent la venue des touristes pour leur faire un spectacle ridicule qui me fend le cœur. En approchant de ce trio enfantin, j’ai été littéralement aimantée par l’un d’entre eux. J’ai été capable de faire abstraction du sort qui leur était réservé, et suis allée leur donner des bananes. Le petit qui m’avait aimantée me tétait la main et j’ai cru parfois qu’il allait me la broyer ! Mais j’ai vécu là un grand moment d’amour, fait de bonheur, câlins, caresses et autres jeux.

Je lui ai promis de ne jamais l’abandonner et de revenir le voir très vite. Spontanément, en remontant dans le taxi qui nous conduisait, nous avons chanté Mon fils ma bataille de Balavoine. Là aussi des barrières nous séparaient des bébés, je n’étais même pas sûre que ce soit un mâle ou une femelle. Je ne connaissais pas son nom. Mais je lui ai crié :

Mon enfant ! Je ne t’abandonnerai jamais ! Je reviendrai te voir, c’est promis !

crédit Julie Sabatier

Thongkam, mon fils ma bataille

Je suis retournée le voir il y a quelques jours. Je l’ai reconnu et lui aussi m’a reconnu. Il s’appelle Thongkam. J’ai parlé avec l’impressionnant grand chef du camp auquel il appartient.

Histoire que je conterai ici très bientôt !

LIRE AUSSI:

Le site du Ganesha Park

Papiéléphant

Voyage au pays des éléphants

Le paradis des éléphants

 

3 réflexions sur “Wassanna, Malanti et Thongkam : ma famille éléphantesque

  1. Belles photos, beau témoignage, la vie est là… Mais attention, un tout petit conseil de mama et d’amie : essayer de dépasser le pur affectif… Beaucoup de plaisir à lire ! Bises bises éléphantesques bises…

  2. Pingback: ทองคำ, ช้างลูกของฉัน – Thongkam est-il un rêve inaccessible? | Laissez parler les ptits papiers...

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